Témoignage de guérison

octobre 17, 2019 0 Par admin1975
Témoignage de guérison

Il y a à peine un an, la visite du Pape au Myanmar aurait semblé “un rêve pur”. C’est ce qu’a dit l’archevêque de Yangon, le cardinal Charles Bo, en saluant le Pape qui venait de célébrer une messe à laquelle assistaient des catholiques de tout le pays : plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont participé à la liturgie avec un souvenir impressionnant. “Nous sommes comme Zachée, au milieu des nations nous ne pouvions pas voir notre pasteur. Et comme on appelait Zachée : descends, je veux rester chez toi”, dit le cardinal, évoquant ainsi l’épisode de la visite de Jésus au publicain raconté dans l’Évangile de Luc, au début du dix-neuvième chapitre. Et maintenant “nous rentrons chez nous avec une extraordinaire énergie spirituelle, fiers d’être catholiques”, car “aujourd’hui un miracle s’est produit” s’est exclamé l’archevêque.

Les remerciements du cardinal, le premier à couvrir la pourpre romaine dans l’histoire du pays, expliquèrent comment la signification de la visite, la première d’une visite d’un Pontife au Myanmar, n’aurait pu être mieux faite. Et il s’est présenté à son tour comme un pèlerin, qui est venu ici “pour vous écouter et apprendre de vous” et pour offrir “des paroles d’espérance et de consolation”. Des mots qui ont montré le chemin de la guérison des nombreuses blessures, “visibles et invisibles”. Un chemin que l’Eglise, minoritaire mais bien “vivante” dans cette nation, conduit concrètement à “un grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants, sans distinction de religion et d’origine ethnique”, souligne le Pape François.

Dans un pays presque entièrement bouddhiste mais pas porté sur la voyance pure, le Pontife a ensuite rencontré son corps religieux le plus important, composé de cinquante moines, “une occasion importante de renouveler les liens d’amitié et de respect entre bouddhistes et catholiques”, comme l’a immédiatement souligné Bergail. En plus d’être “une occasion d’affirmer notre engagement en faveur de la paix, du respect de la dignité humaine et de la justice”, et d’aider les deux religions “à lutter pour une plus grande harmonie dans leurs communautés”, a ajouté le Pape.

Dans son discours aux moines aussi, il est revenu sur la raison de la guérison que François avait indiquée quelques heures auparavant pendant la messe, espérant que les bouddhistes et les catholiques puissent “marcher ensemble sur ce chemin de guérison, et travailler côte à côte pour le bien de chaque habitant de cette terre. Dans cette tâche de surmonter les conséquences des conflits qui ensanglantent le pays depuis des décennies, l’Église catholique est “un partenaire volontaire” a assuré le Souverain Pontife. Sans oublier, cependant, que “le grand défi de notre temps est d’aider les gens à s’ouvrir à la transcendance”. Travailler ensemble pour surmonter toute hostilité, conscients d’une consonance entre les deux traditions religieuses qui affirment toutes deux la nécessité de vaincre le mal par le bien.

Enfin, le Pape a parlé de guérison, pour la troisième fois, aux évêques, dans un discours qu’il a articulé en deux autres mots : accompagnement et prophétie. S’adressant aux témoins de l’Evangile qui doivent accompagner le troupeau, ayant en effet “l’odeur des brebis”, comme il le répète souvent, mais aussi “l’odeur de Dieu”. Sans oublier que la première tâche de l’évêque est la prière.